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SFR : les engagements à obtenir des trois acquéreurs envisagés

SFR : les engagements à obtenir des trois acquéreurs envisagés

CFDT Rhon’Telecom · Synthèse · Situation au 18 septembre 2026

Chères et chers collègues,

Nos articles sur Orange, Bouygues Telecom et Free-Iliad apportent des éclairages différents. Voici les questions communes à porter dans le projet SFR.

Notre priorité est la qualité des engagements pris envers les salariés et les prestataires. Elle suppose de distinguer les activités annoncées, les modalités sociales encore à préciser et les revendications de la CFDT.

Les activités envisagées : un même point de comparaison

La répartition annoncée dans le communiqué du 6 juin 2026 comprend notamment :

  • Bouygues Telecom : SFR Business, avec une exception pour les petits professionnels, une partie des activités grand public, Prixtel et certaines infrastructures.
  • Free-Iliad : RED by SFR et une partie de la clientèle SFR.
  • Orange : une partie de la clientèle grand public et plusieurs MVNO.

Pour chaque périmètre, il faut connaître les postes, les sites, les moyens techniques et les conditions de transfert. Les listes nominatives et les dossiers de consultation sont plus utiles à cette fin qu’un classement des entreprises à partir de chiffres non comparables.

Le devenir des boutiques doit également être documenté : ne pas être repris directement par un opérateur et fermer constituent deux situations différentes. Les annonces doivent préciser les étapes, les emplois et les solutions envisagées.

Ce que les portraits permettent de dire

  • Chez Orange, les alertes étudiées portent sur la division SCE : baisse des effectifs, reclassements et renouvellement des compétences. Elles ne résument pas toutes les entités du groupe.
  • Chez Bouygues Telecom, les comptes sociaux et consolidés donnent des repères financiers différents. Un taux de marge ne prouve pas, à lui seul, la solidité ou la fragilité d’un engagement d’emploi.
  • Chez Iliad, les effectifs internationaux du groupe, ceux de la holding et les futurs transferts ont des périmètres distincts. Le nombre de clients ne mesure pas les emplois mobilisés pour les servir.

La comparaison utile repose sur les mêmes questions : qui est couvert, pour combien de temps, à quelles conditions et avec quel recours ? Une convention de branche commune ne garantit pas, à elle seule, la conservation de tous les accords et avantages d’entreprise.

Des calendriers et des engagements à distinguer

Le consortium annonce une protection de l’emploi jusqu’au début 2029 pour le périmètre repris, par maintien ou proposition d’emploi. Il faut en examiner les bénéficiaires et les conditions. Les salariés d’ATS et des prestataires ne peuvent pas présumer qu’ils sont couverts par cette annonce.

L’objectif de réalisation indiqué par les entreprises ne constitue pas une date garantie. L’Autorité de la concurrence a annoncé le 15 juillet 2026 une instruction d’au moins dix-huit mois. L’issue et le calendrier restent incertains. Une garantie fixée à une date civile doit donc être discutée aussi au regard du temps qui resterait après la réalisation effective.

ATS et sous-traitance : inscrire nos emplois dans la discussion

La présentation Altice d’août 2026 maintient ATS hors du périmètre vendu. Pour Rhôn’Telecom, cela place la visibilité des commandes au centre du dossier : rester chez le même employeur ne protège pas automatiquement contre une diminution d’activité.

Le contrôle de concurrence n’apporte pas, à lui seul, les garanties sociales et commerciales que nous demandons. Les syndicats, les CSE, les employeurs et les pouvoirs publics ont chacun un rôle à jouer. Il faut coordonner ces interventions pour que l’emploi indirect soit réellement traité.

Nous proposons quatre questions à poser à chaque donneur d’ordre :

  • Quelles commandes seront maintenues ? Prestations, volumes, territoires et durée doivent être précisés.
  • Comment sera payé le travail demandé ? Tarifs, reprises de l’existant, pénalités contestables et délais de paiement doivent être examinés ensemble.
  • Quels moyens pour les équipes ? Effectifs, formation, outils et temps d’intervention doivent permettre un travail sûr et de qualité.
  • Comment contrôler les engagements ? Il faut des informations régulières et des mécanismes de correction, accessibles aux représentants des salariés concernés.

Les revendications de la CFDT

Dès son communiqué du 16 octobre 2025, la F3C CFDT demande :

  • un accord de méthode de branche avec audit social, protection de l’emploi pendant l’opération et formation ;
  • la préservation des acquis sociaux ;
  • un fonds de sécurisation des parcours financé par les opérateurs ;
  • une responsabilité sociale étendue aux sous-traitants, notamment sur l’emploi et les délais de paiement ;
  • un dialogue social de branche et un droit d’alerte renforcés.

Ce sont des revendications à obtenir et à rendre effectives, pas des droits déjà acquis dans l’opération. La CFDT Rhon’Telecom entend faire de la place des filiales techniques et des prestataires un sujet central de cette négociation.

Les salariés des différents opérateurs et ceux des prestataires ont intérêt à agir ensemble. Leurs situations ne sont pas identiques, mais ils peuvent défendre des exigences communes : un emploi durable, des compétences reconnues et des conditions de travail qui permettent de bien faire leur métier.


Pour aller plus loin : ATS hors périmètre · vos questions sur la cession.

Sources : consortium, 6 juin 2026 ; Autorité de la concurrence, 15 juillet 2026 ; Altice France, présentation T2 2026 ; F3C CFDT, 16 octobre 2025. Les sources des données propres aux entreprises figurent dans les trois portraits liés en introduction.