Vente de SFR : vers une deuxième prolongation des négociations ?
Mise à jour
Le protocole d’accord a été signé le samedi 6 juin 2026 au soir, à l’issue de l’ultime prolongation de 48 heures. Cet article est conservé tel que publié le 1er juin, à titre d’archive. Lire notre analyse.
Officiellement, aucune deuxième prolongation n’est annoncée à ce jour — l’échéance reste fixée au 5 juin 2026. Mais une deuxième prolongation est attendue, car plusieurs éléments la suggèrent fortement.
Un précédent qui parle de lui-même
La première prolongation a été annoncée le 15 mai 2026, le jour même où expirait la période d’exclusivité initialement prévue. Plutôt que de conclure ou de rompre, les parties ont repoussé l’échéance de trois semaines, jusqu’au 5 juin, en accompagnant cette décision d’un communiqué laconique : les discussions se poursuivent « de manière constructive », mais aucun accord définitif n’est garanti à ce stade.
Ce vocabulaire est révélateur. Il décrit un dossier qui avance sans être bloqué, mais qui n’est pas mûr pour autant — exactement le type de situation où l’on reconduit l’exclusivité plutôt que d’acter une issue. Les trois semaines accordées en mai n’avaient rien de définitif, et le même scénario peut se rejouer à l’approche du 5 juin.
Un montage d’une complexité rare
L’opération en jeu n’a rien d’un rachat classique. Il s’agit de répartir l’essentiel des actifs d’un opérateur national entre trois de ses concurrents directs, sur la base d’une offre valorisant SFR à 20,35 milliards d’euros. Répartition des 25 millions de clients, partage du réseau mobile, traitement du fixe et de la dette : chaque brique du découpage doit être négociée, chiffrée et sécurisée juridiquement.
Cette mécanique mêle enjeux industriels, financiers et politiques, et elle prend mécaniquement du temps. À cela s’ajoute le passage obligé devant l’Autorité de la concurrence, qui devra examiner les conséquences d’un marché ramené de quatre à trois opérateurs. Autant d’étapes difficiles à boucler dans le calendrier serré qui reste avant l’été.
Aucun obstacle à une nouvelle extension
Sur le plan juridique, rien n’empêche les parties de reconduire l’exclusivité. Il s’agit d’un accord privé entre Altice France et le consortium Bouygues Telecom – Orange – Iliad, que les signataires peuvent prolonger autant de fois qu’ils l’estiment utile, tant que les discussions restent ouvertes. La première extension l’a démontré.

Ce qui pourrait changer la donne
Une deuxième prolongation n’est cependant pas la seule issue possible. Trois scénarios alternatifs subsistent : un accord signé avant le 5 juin, qui mettrait fin à l’incertitude ; une rupture pure et simple des négociations ; ou le retrait de l’un des trois acquéreurs du consortium. À ce stade, aucun de ces dénouements n’apparaît plus probable qu’une nouvelle reconduction du délai.
Pour les salariés de notre périmètre, un point mérite toute notre attention : les entités exclues de la transaction. L’offre du 17 avril couvre la majorité des actifs SFR–Altice France, mais elle exclut explicitement plusieurs participations, parmi lesquelles XP Fibre et Altice Technical Services (ATS), ainsi qu’ACS/Intelcia, l’exploitant de data centers Ultraedge et les activités dans les départements et régions d’outre-mer.
Autrement dit, le périmètre qui nous concerne directement n’est, en l’état, pas inclus dans le rachat de SFR. Mais chaque prolongation des négociations allonge d’autant la période d’incertitude pendant laquelle le sort réservé à ces entités reste en suspens. Cette incertitude prolongée est précisément ce qui justifie la vigilance que la CFDT maintient à chaque étape du dossier.
Rappelons par ailleurs que ces négociations se déroulent dans un climat social tendu : fin avril, des appels à la grève avaient été lancés dans plusieurs boutiques SFR, les représentants du personnel redoutant des suppressions de postes et une réorganisation d’ampleur.
En résumé
À quelques jours de l’échéance du 5 juin, tous les signaux convergent vers une probable reconduction du délai plutôt que vers une conclusion immédiate. La CFDT reste mobilisée et continuera d’informer les salariés dès qu’un nouveau communiqué officiel sera publié.
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