Cession de SFR : le bras de fer social s’ouvre — revue de presse de septembre
CFDT Rhon’Telecom · Revue de presse · Situation au 18 septembre 2026
Chères et chers collègues,
Trois mois après la signature du protocole, les conséquences sociales de la cession envisagée de SFR occupent le premier plan. Les négociations, la consultation des représentants du personnel et l’examen de concurrence avancent selon des calendriers différents. Voici les repères utiles pour comprendre ce qui se joue aussi pour Rhôn’Telecom.
1. Le reclassement au cœur du conflit
Selon la dépêche AFP du 16 septembre, les discussions portent notamment sur un dispositif prévoyant une proposition de poste par salarié. Les syndicats en demandent trois et jugent les garanties insuffisantes.
La CFTC Media+ confirme le 17 septembre l’appel avec l’UNSA et la CFDT à une grève le 24 septembre après-midi. Les demandes portent aussi sur l’accompagnement des seniors, des salariés en situation de handicap et sur des garanties durables pour les filiales techniques ATS.
Pour les salariés de Rhôn’Telecom, les modalités concrètes doivent être précisées avec les représentants de l’entreprise : un appel présenté dans la presse comme une mobilisation chez SFR ne suffit pas à définir à lui seul les conditions applicables chez un autre employeur. Voir notre article sur la mobilisation du 24 septembre.
2. Le CSE central demande davantage de documents
L’AFP rapporte également que le CSE central de SFR a adressé une assignation au groupe et aux acheteurs pour obtenir davantage de documents sur la cession. La direction affirme avoir déjà fourni les informations disponibles dans le respect du droit de la concurrence. La même dépêche indique que l’échéance de consultation a été reportée au 6 octobre 2026.
Cette information de presse ne permet pas de connaître tous les chefs de demande, ni de prévoir la décision du juge. Notre fiche sur la consultation du CSE et le recours au juge explique les règles applicables.
3. Les effectifs : des estimations à ne pas additionner sans précaution
La dépêche AFP du 16 septembre évoque, pour les premiers scénarios dévoilés pendant l’été, environ 2 300 transferts chez Bouygues Telecom, 230 chez Orange et 53 chez Free. Ce sont des indications rapportées par la presse, pas un tableau définitif d’affectation des salariés.
D’autres chiffres ont circulé. Ils ne doivent pas être mélangés avec les estimations concernant les boutiques ou utilisés pour annoncer un nombre certain de suppressions de postes. Une boutique non reprise n’est pas, à elle seule, la preuve d’une fermeture décidée ; il faut connaître le projet et les solutions prévues pour son personnel.
Nous demandons un tableau daté, entreprise par entreprise, distinguant salariés transférés, salariés restant dans les structures actuelles, boutiques, mobilités et emplois indirects. ATS est exclu du périmètre de la transaction envisagée, ce qui rend indispensable un volet spécifique sur les commandes et l’emploi des filiales techniques. Voir notre dossier ATS.
4. Un calendrier de réalisation encore incertain
Le communiqué des entreprises du 6 juin vise une réalisation au second semestre 2027, sous réserve des autorisations nécessaires. Il précise que l’aboutissement de l’opération n’est pas certain.
Le 15 juillet, l’Autorité de la concurrence annonce une instruction estimée à au moins dix-huit mois. Le renvoi européen concerne l’opération Iliad ; celle-ci sera examinée avec les opérations Bouygues Telecom et Orange, distinctes juridiquement mais liées contractuellement.
L’objectif des entreprises et l’estimation du régulateur ne constituent donc pas une date de vente garantie. La préparation des dossiers, les demandes d’informations et les décisions à venir peuvent modifier le calendrier.
5. Les résultats commerciaux restent préoccupants
Les résultats Altice France du deuxième trimestre 2026 font état d’un chiffre d’affaires de 2,034 milliards d’euros, en recul de 8,7 % sur un an. La présentation des résultats indique une perte nette de 89 000 clients fixes et de 84 000 clients mobiles hors prépayés sur le trimestre. Le mobile prépayé recule séparément de 77 000 clients.
Ces données décrivent l’activité de l’opérateur. Elles ne permettent pas, à elles seules, de calculer l’évolution du carnet de commandes de Rhôn’Telecom : nous demandons les chiffres propres à notre entreprise.
Notre lecture : des garanties liées à la durée réelle de la transition
Les conditions sociales se négocient alors que la date de réalisation reste inconnue. L’annonce du consortium jusqu’au début 2029 vise les salariés du périmètre repris, par poursuite de l’emploi ou proposition d’emploi. Elle ne garantit pas à tous le maintien de leur poste et ne protège pas pendant une durée fixe après le transfert : plus la réalisation intervient tard, plus cette durée résiduelle diminue.
Il faut donc négocier la durée, le périmètre et le contenu précis des engagements, ainsi que leur application aux salariés des filiales techniques et de la sous-traitance. Pour Rhôn’Telecom, cela suppose des informations sur les volumes, les contrats, les compétences et les moyens de prévention, pendant la préparation de l’opération comme après sa réalisation.
Vos élus CFDT Rhon’Telecom sont à votre écoute pour les questions individuelles et les remontées sur l’activité.