Convention Syntec : comment vérifier votre classification et votre salaire
CFDT Rhon’Telecom · Mode d’emploi · Situation au 18 septembre 2026
Chères et chers collègues,
Nous travaillons dans les télécoms. Nous tirons de la fibre, nous raccordons des abonnés, nous maintenons des réseaux. Il est donc naturel de penser qu’on relève de la convention collective des télécommunications.
Le métier de technicien télécom ne suffit pas à déterminer la convention applicable. Ce dossier prend pour référence la Syntec, indiquée pour Rhôn’Telecom. Vérifier la mention sur votre bulletin évite de comparer votre salaire à une grille qui ne correspond pas à votre situation.
Quelle convention s’applique
La convention de référence présentée ici est celle des bureaux d’études techniques, des cabinets d’ingénieurs-conseils et des sociétés de conseils, dite Syntec — IDCC 1486. Le code APE d’une société constitue un indice sur son activité ; il ne démontre pas, à lui seul, la convention qui lui est applicable.
Recherchez l’intitulé de la convention sur votre bulletin de paie, puis rapprochez-le de votre contrat et des accords applicables. En cas de mention différente, d’absence ou de doute, faites vérifier votre situation avant de comparer les grilles.
Une précision utile : c’est l’activité principale réelle de l’entreprise qui détermine en principe le champ conventionnel, pas le seul métier de chaque salarié. Deux techniciens réalisant des tâches proches peuvent donc relever de conventions différentes.
Comment lire votre classification
La Syntec ne classe pas les salariés en « groupes » de A à G comme la convention télécoms. Elle distingue deux catégories, chacune avec son échelle.
Les ETAM — employés, techniciens et agents de maîtrise. Classification en positions de 1.1 à 3.3, chacune associée à un coefficient de 240 à 500.
Les Ingénieurs et Cadres — positions également notées de 1.1 à 3.3, avec leur propre échelle de coefficients.
Sur votre bulletin, cherchez donc deux informations : votre position (par exemple 2.2) et votre coefficient (par exemple 310). C’est ce couple qui détermine votre minimum conventionnel — pas votre intitulé de poste.
La grille de référence
Le tableau reproduit les montants de l’accord du 26 juin 2024, applicable à compter du 1er janvier 2025. Il s’agit de minima conventionnels bruts mensuels sur une base de 35 heures, à lire avec le plancher légal ci-dessous :
ETAM
- Position 1.1 — coefficient 240 — 1 815 €
- Position 1.2 — coefficient 250 — 1 845 €
- Position 2.1 — coefficient 275 — 1 875 €
- Position 2.2 — coefficient 310 — 1 905 €
- Position 2.3 — coefficient 355 — 2 045 €
- Position 3.1 — coefficient 400 — 2 185 €
- Position 3.2 — coefficient 450 — 2 340 €
- Position 3.3 — coefficient 500 — 2 490 €
Ingénieurs et Cadres : de 2 135 € en position 1.1 à 5 755 € en position 3.3.
Le Smic reste obligatoire lorsqu’il est plus élevé. Au 18 septembre 2026, il est de 1 867,02 € brut mensuel pour 35 heures, soit 12,31 € brut de l’heure dans le cas général. Les lignes conventionnelles à 1 815 € et 1 845 € n’autorisent donc pas à rémunérer un salarié majeur de droit commun sous ce seuil. Service Public précise les éléments de salaire pris en compte et les cas particuliers.
Cette grille est datée de son accord d’origine. Pour contrôler une paie, il faut vérifier le texte de branche et les accords d’entreprise applicables à la période concernée. La date de consultation de cette fiche ne vaut pas certification de l’absence de tout accord ultérieur.
Les trois modalités de temps de travail
C’est une particularité de la Syntec, et une source constante de malentendus. La convention prévoit trois modalités :
Modalité 1 — standard. La référence de branche est de 35 heures hebdomadaires, avec décompte des heures supplémentaires. Un aménagement du temps de travail peut exister dans l’entreprise : il faut lire l’accord applicable.
Modalité 2 — réalisation de missions. Il s’agit d’un forfait en heures, destiné à des fonctions dont les contraintes ne permettent pas de suivre strictement un horaire prédéfini. Le dispositif de branche comporte notamment une condition de rémunération liée au plafond de la Sécurité sociale et une garantie annuelle de 115 % du minimum conventionnel. Ce n’est pas un forfait jours ; ses conditions et les heures comprises doivent être contrôlées.
Modalité 3 — réalisation de missions avec autonomie complète. Le forfait annuel en jours suppose une autonomie effective, une convention individuelle écrite et le respect des critères de l’accord collectif qui le fonde. Dans le dispositif de branche modifié en 2022, la position 2.3 des cadres est notamment accessible sous conditions, avec une garantie de 122 % du minimum conventionnel ; le taux de référence des autres bénéficiaires est de 120 %. La charge de travail, les repos et les entretiens de suivi doivent aussi être respectés.
Les modalités 2 et 3 ne requièrent pas le même degré d’autonomie. Une journée entièrement planifiée par un tiers appelle une vérification du forfait, mais la seule mention d’un planning ne suffit pas à trancher. Le contrat, l’accord collectif et les conditions de travail réelles doivent être examinés ensemble.
Conservez votre contrat, les plannings et vos relevés d’heures. Ils permettent d’examiner les conditions du forfait et, si nécessaire, le décompte du travail accompli. La réponse dépend de chaque dossier.
Ce qu’il faut vérifier sur votre bulletin
- La convention mentionnée en en-tête : Syntec / IDCC 1486.
- Votre classification. Vérifiez les indications de position ou de coefficient figurant sur le bulletin et leur cohérence avec le contrat et la grille.
- La cohérence entre votre classification et vos fonctions réelles. Encadrement, technicité, initiative, responsabilités et autonomie doivent être comparés aux critères de la grille, sans se limiter à l’intitulé de poste.
- Votre modalité de temps de travail et sa cohérence avec votre autonomie réelle.
- Votre rémunération au regard des garanties applicables. Vérifiez le Smic, les minima mensuels et annuels, les éléments de salaire admis, le temps de travail et les majorations propres à votre modalité.
Notre lecture
Un minimum conventionnel est un plancher. La reconnaissance des compétences et de l’expérience doit aussi se négocier au-dessus de ce seuil. C’est une revendication salariale ; l’ancienneté seule ne prouve pas automatiquement une erreur de classification.
La classification mérite une attention particulière. Les compétences acquises sur le terrain doivent être rapprochées des critères de la convention. Lorsqu’un poste correspond à une position supérieure, demander une reclassification peut relever le minimum applicable et mieux reconnaître les responsabilités exercées.
Une classification correcte constitue aussi un repère en cas de mobilité. Ses effets chez un autre employeur dépendent du mode de transfert, du contrat et de la convention alors applicable : un coefficient ne se transpose pas automatiquement d’une convention à une autre.
Apportez votre bulletin, votre contrat, votre fiche de poste et, si nécessaire, vos plannings à vos élus. Ces documents permettent une première vérification et l’identification des pièces complémentaires utiles.
Pour aller plus loin : parlons du partage de la valeur · Pouvoir d’achat : les revendications de la CFDT
Sources : accord Syntec du 26 juin 2024, grille salariale ; Service Public, Smic, montants consultés le 18 septembre 2026 ; accord du 22 juin 1999, durée du travail ; avenant du 13 décembre 2022, rémunération du forfait jours.