Sélectionner une page

Vente de SFR : le protocole est signé — et maintenant, pour nous ?

CFDT Rhon'Telecom · Analyse

Vente de SFR : le protocole est signé — et maintenant, pour nous ?

Publié le 11 juillet 2026

Ce qui a été signé le 6 juin

Dans la nuit du samedi 6 juin, peu avant minuit, Altice France et le consortium Bouygues Telecom – Free (Iliad) – Orange ont annoncé la signature d'un protocole d'accord en vue de l'acquisition de SFR. Le dénouement que nous suivions étape par étape — première exclusivité jusqu'au 15 mai, prolongation jusqu'au 5 juin, puis ultime délai de 48 heures — s'est donc joué avant même l'expiration de ce dernier délai.

L'opération est valorisée 20,35 milliards d'euros en valeur d'entreprise, avec un complément de prix pouvant atteindre 650 millions d'euros selon les performances financières de SFR d'ici la réalisation. La répartition entre les acquéreurs reste celle de l'offre du 17 avril : environ 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free-Groupe iliad et 27 % pour Orange. À terme, les clients et les actifs de SFR seraient répartis entre les trois opérateurs, et la France passerait de quatre à trois opérateurs de réseau.

Un calendrier long, une issue non garantie

Un protocole d'accord n'est pas une vente réalisée. Le communiqué liste lui-même ce qui reste à franchir : « la consultation préalable des instances représentatives du personnel, la signature de la documentation juridique définitive, l'obtention des autorisations réglementaires requises, notamment au titre du contrôle des concentrations, et la levée des autres conditions suspensives ».

La documentation juridique définitive est attendue au second semestre 2026, et la réalisation effective — le closing — pourrait intervenir au second semestre 2027, après examen par les autorités de concurrence françaises et européennes. Pendant une phase transitoire d'au moins trente mois, SFR SA serait détenue à parts égales par les trois acquéreurs. Et le communiqué le dit sans détour : « Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée. »

La garantie d'emploi 2029 : qui elle couvre — et qui elle ne couvre pas

C'est le point que chacun doit lire attentivement. Le consortium s'est engagé à « garantir un emploi à l'ensemble des salariés du périmètre repris jusqu'à début 2029 grâce à la poursuite de leur emploi ou à une proposition d'emploi ».

Trois mots comptent : « du périmètre repris ». Or le même communiqué précise que le protocole « exclut les participations dans les sociétés XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services ainsi que les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d'outre-mer ».

La conclusion s'impose : cette garantie d'emploi ne s'applique ni aux salariés d'ATS — donc pas à ceux de Rhon'Telecom — ni à ceux de XpFibre, d'UltraEdge ou de l'outre-mer. Elle protège les salariés du cœur SFR repris par les trois opérateurs. Nous, non.

⚑ Le point à retenir

La garantie d'emploi jusqu'à début 2029 annoncée le 6 juin concerne les salariés « du périmètre repris » par Bouygues Telecom, Free et Orange. ATS — dont Rhon'Telecom — ainsi que XpFibre, UltraEdge et l'outre-mer sont explicitement exclus de ce périmètre. Cette garantie ne nous couvre pas.

Et nous ?

Côté périmètre repris, le cadre du dialogue social est posé par écrit. Le communiqué du 6 juin s'y engage : « une période de consultation sera rapidement ouverte avec les instances représentatives du personnel concernées afin d'engager une concertation de manière responsable et constructive ». Les modalités précises d'organisation, d'intégration et d'accompagnement des collaborateurs, elles, « seront définies dans le cadre des procédures sociales et des travaux opérationnels à venir ».

Côté ATS, rien d'équivalent n'est annoncé publiquement à ce jour. Notre entité reste hors du périmètre de la vente, dans un processus distinct dont ni le calendrier ni les orientations n'ont été communiqués. C'est précisément ce silence qui appelle notre vigilance : les salariés du périmètre repris ont obtenu un cadre et des engagements écrits. Les salariés de notre périmètre n'ont, pour l'heure, rien de tel.

La CFDT Rhon'Telecom demande la même visibilité pour notre périmètre : un calendrier, des interlocuteurs, des engagements. Nous continuerons de vous informer à chaque étape.

Sources : communiqué conjoint Altice France, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange du 6 juin 2026 ; communiqué Bouygues Telecom du 6 juin 2026 (corporate.bouyguestelecom.fr).

CFDT · RHON'TELECOM