Mode STOC : améliorer les raccordements et les conditions de travail
CFDT Rhon’Telecom · Dossier métier · Situation au 18 septembre 2026
Chères et chers collègues,
Une armoire dégradée, un abonné privé de ligne, une intervention à reprendre : derrière chaque problème de qualité, il y a aussi des conditions de réalisation du travail. Réduire le débat à la seule compétence du technicien empêche de regarder toute la chaîne.
Ce qu’est le mode STOC
Le mode STOC désigne la sous-traitance du raccordement à l’opérateur commercial. L’opérateur d’infrastructure (OI), qui déploie ou exploite le réseau, confie à l’opérateur commercial (OC) le raccordement de son abonné. Celui-ci peut le réaliser par ses équipes ou ses prestataires.
Le raccordement final comprend la liaison entre le point de branchement optique (PBO) et la prise optique du logement. L’intervention comprend également le brassage au point de mutualisation (PM). Les rôles d’OI et d’OC peuvent être exercés au sein d’un même groupe. Repères techniques de la Fédération française des télécoms.
Les chiffres publiés en juillet 2026
La huitième édition de l’observatoire Arcep, publiée le 21 juillet 2026, décrit l’état des réseaux jusqu’à mars 2026 :
- Le taux moyen d’échec au raccordement reste autour de 6 % au niveau national.
- Le taux moyen mensuel de pannes signalées aux OI se situe autour de 0,12 %.
- Le taux de malfaçons reprises sous 30 jours atteint 88 % en février 2026, en amélioration.
Ces indicateurs n’ont pas tous le même périmètre. Le volet consacré à la conformité des interventions et aux reprises couvre 46 réseaux Altitude et Altice, représentant 30 % des locaux français. Il ne faut donc pas confondre ces résultats avec un recensement de toutes les difficultés rencontrées par les usagers ou les équipes.
Les progrès sont réels ; les difficultés persistantes le sont aussi. L’Arcep demande de poursuivre les contrôles et les remises en état sur les réseaux dégradés. C’est cette double réalité qu’il faut regarder.
Une alerte ancienne, à replacer dans son contexte
Dans un communiqué du 4 avril 2022, des collectivités signataires signalaient que 85 % des comptes rendus d’intervention transmis sur leurs réseaux durant les six mois précédents étaient inexploitables. Il s’agit d’un constat historique sur ces réseaux, pas d’un taux national actuel. Il illustre l’importance de comptes rendus utilisables et de contrôles effectifs.
Le rapport du Sénat de 2023 sur la pérennité des raccordements identifiait notamment des difficultés liées à la sous-traitance en cascade, aux qualifications, aux processus et aux contrôles. Il donne des raisons de regarder l’organisation du travail, sans dispenser d’établir les faits propres à chaque entreprise.
Notre lecture : donner les moyens de bien travailler
Le prix. Une prestation doit financer le travail réellement nécessaire, y compris lorsqu’une intervention révèle une installation dégradée à reprendre. Le tarif payé à une entreprise et le salaire du technicien sont deux choses différentes : il faut examiner les contrats et les règles de rémunération avant de conclure à une perte de salaire.
La cadence. Un planning doit intégrer la difficulté des raccordements, les déplacements et les imprévus. Un objectif uniforme peut créer une pression sur la qualité lorsque les situations sont très différentes. Les temps prévus et réellement passés sont des données concrètes à confronter.
Le contrôle. Exiger des photos et un compte rendu ne suffit pas : les équipes doivent disposer du matériel, du temps et d’un retour sur les anomalies signalées. Une reprise doit être organisée et suivie.
La compétence. La formation et le tutorat demandent du temps reconnu dans la charge de travail. Ils ne peuvent reposer uniquement sur la disponibilité informelle d’un collègue.
Ces points sont des sujets de négociation et de prévention. Pour Rhôn’Telecom, nous voulons les documenter à partir des situations vécues, des plannings et des moyens effectivement disponibles.
Nos demandes
- Un temps d’intervention réaliste et une prise en compte distincte du travail de remise en état, dans les contrats comme dans les plannings.
- Une procédure claire face à une installation non conforme ou dangereuse, permettant le signalement et l’arrêt de l’intervention lorsque la sécurité l’exige, sans pression pour poursuivre.
- Des comptes rendus d’intervention outillés : matériel adapté, temps prévu et application utilisable sur le terrain.
- Un parcours de formation et de tutorat, avec le temps de transmission intégré au travail rémunéré.
- Des indicateurs qualité présentés au CSE, accompagnés des moyens et conditions d’intervention, pour comprendre les difficultés et préparer des solutions.
Vous rencontrez des situations impossibles à traiter correctement dans le temps imparti ? Transmettez à vos élus la date, le secteur et la nature du problème, en évitant les données personnelles des clients. Chaque signalement documenté peut aider à faire évoluer les conditions de travail.
Pour aller plus loin : Fermeture du cuivre : calendrier et métiers · Qui possède les réseaux que nous construisons ?
Sources : Arcep, observatoire du 21 juillet 2026 ; communiqué de collectivités du 4 avril 2022 ; Sénat, rapport n°517 de 2023 ; Fédération française des télécoms, livre blanc sur les raccordements. Liens ci-dessus.